« 156. Il est important d’être clair sur le rejet de toute forme de soumission sexuelle. Pour cela il faut éviter toute interprétation inappropriée du texte de la Lettre aux Éphésiens où il est demandé que « les femmes soient soumises à leurs maris » (Ep 5, 22). Saint Paul s’exprime en catégories culturelles propres à cette époque ; toutefois nous autres, nous ne devons pas prendre à notre compte ce revêtement culturel, mais le message révélé qui subsiste dans l’ensemble de la péricope. Reprenons la judicieuse explication de saint Jean-Paul II : « L’amour exclut toute espèce de soumission, qui ferait de la femme la servante ou l’esclave du mari […]. La communauté ou unité qu’ils doivent constituer en raison de leur mariage se réalise dans une donation réciproque qui est aussi une soumission réciproque ».[162] C’est pourquoi on dit aussi que « les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps » (Ep 5, 28). En réalité, le texte biblique invite à dépasser l’individualisme commode pour vivre en se référant aux autres : « Soyez soumis les uns aux autres » (Ep 5, 21). Dans le mariage cette ‘‘soumission’’ réciproque acquiert un sens spécial et se comprend comme une appartenance réciproque librement choisie, avec un ensemble de caractéristiques de fidélité, de respect et d’attention. La sexualité est au service de cette amitié conjugale de manière inséparable, parce qu’elle est orientée à faire en sorte que l’autre vive en plénitude. »
Les 45 théologiens contestent ce passage en ces termes:
« 2) AL 156 : « Il est important d’être clair sur le rejet de toute forme de soumission sexuelle. »
Comprise non pas simplement comme niant à la femme une obéissance servile à son mari ou au mari d’exercer à l’égard de sa femme une autorité semblable à l’autorité parentale, mais niant que le mari ait la moindre forme d’autorité sur sa femme, ou niant que la femme ait aucun devoir d’obéir aux demandes légitimes de son mari en vertu de son autorité en tant que mari : »
En outre ce passage de Amoris lætitia remet le passage de saint Paul commandant à la femme de se soumettre à son mari dans la "péricope" (dans le contexte). Nous devons tous nous soumettre les uns aux autres. Dans ce cadre, saint Paul rappellerait aux femmes ce devoir universel.
Si Amoris lætitia 156 enseigne à juste titre qu'il est nécessaire de rejeter toute soumission sexuelle [en matière juridique et morale], il n'est pas interdit au plan spirituel, qui ne regarde que la conscience de la femme, de constater que Dieu à demandé à la femme de se soumettre à son mari (et évidemment pas à tout homme). Mais ce n'est pas un sujet directement social. Ce commandement individuel doit être rejeté de l'ordre social car il n'est pas fondé en ce domaine. Il en est de même d'ailleurs de l'obligation de soumission de tous à l'égard de tous. C'est une question de conscience.
Il est donc juste de dire qu'il faut rejeter toute soumission sexuelle, y compris dans les relations morales entre époux et a fortiori dans l'ordre juridique. Fondamentalement les époux sont deux associés égaux dont l'association est fondée sur leurs différences sexuelles. Il ne peut exister de commandement marital légitime. (Comme il ne peut exister de "mariage homosexuel")
L'affirmation de Amoris lætitia « Il est important d’être clair sur le rejet de toute forme de soumission sexuelle. » est donc conforme à la foi (sur ce point de la foi je m'en remets à Rome), mais encore conforme à la raison. D'ailleurs dans la cérémonie du mariage la femme ne promet pas d'obéir à son mari.
En conclusion:
Étant père de plusieurs filles par amour pour mes filles je ne peux leur dire "soumettez-vous à vos maris parce qu'ils sont mâles !". Cela me semblerait une cruauté inadmissible pour mes descendantes. Il n'y a pas d'homme sans femme, il n'y a pas de femme sans homme. Les femmes ont un père, les mâles ont une mère. Nous sommes donc tous égaux et unis par la fraternité.
Entièrement d'accord: "il n'y a pas de soumission sexuelle".
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire